A Rome, le Pape rappelle ce qu’est l’éducation selon le style ignatien

22/05/2017

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« De nos jours, l’exercice du discernement doit devenir un véritable art éducatif ». 

Le Pape François a rencontré le samedi 6 mai cent vingt séminaristes du Séminaire pontifical Campano di Posillipo, fondé par Pie X en 1912. Il a invité les séminaristes à rejeter la logique du minimum indispensable pour découvrir au contraire «les grands rêves que Dieu a pour nous». Après s’être félicité du «choix gagnant» que représente un cheminement synodal entre diocèses et les Jésuites, en ces temps «où nous nous sentons petits et impuissants face au défi éducatif», le Pape est revenu sur la mission «ardue» mais «exaltante» de ce séminaire pontifical : Former à la spiritualité propre au presbytère diocésain selon la pédagogie des Exercices de Saint-Ignace. François en souligne trois aspects :

L’amitié avec Dieu

Éduquer selon le style ignatien, c’est d’abord cultiver une relation d’amitié personnelle avec le Seigneur, qui offre «une spiritualité solide, profonde mais non désincarnée». Pour cela, «il faut connaître, accueillir et réformer continuellement sa propre humanité». La formation, souligne le Pape, n’est pas le simple apprentissage de notions afin de devenir érudit – «vous n’êtes pas un dictionnaire !»- elle vise à «favoriser l’acquisition d’instruments toujours plus raffinés pour une lecture critique de la réalité à partir de soi-même». Le Pape encourage les séminaristes à ne pas avoir peur d’appeler les choses par leurs noms, de regarder en face la vérité de leurs vies et de s’ouvrir en transparence et vérité aux autres.

Le discernement

La deuxième caractéristique de l’enseignement ignatien est le discernement. Cet exercice doit devenir selon le Saint-Père «un véritable art éducatif». Car aujourd’hui plus que jamais, juge-t-il, le prêtre est appelé à guider le peuple chrétien afin de discerner les signes des temps et savoir reconnaître la voix de Dieu «dans la foule de voix confuses qui se superposent, avec des messages contradictoires dans un monde caractérisé par une pluralité de sensibilités culturelles et religieuses». Pour le Pape François, le discernement est un choix «courageux» au contraire des chemins plus commodes et réducteurs que sont le laxisme et le rigorisme. «Éduquer au discernement, cela veut dire fuir la tentation de se réfugier derrière une norme rigide ou derrière l’image d’une liberté idéalisée (…) Cela veut dire ‘risquer’, sortir du monde de ses propres convictions et préjugés pour s’ouvrir et comprendre comment Dieu nous parle aujourd’hui».

Le Règne de Dieu

Enfin, troisième caractéristique de l’enseignement jésuite : s’ouvrir toujours à la dimension du Règne de Dieu : ne pas se limiter à ses propres succès, mais cultiver «cette sainte inquiétude» de celui qui désire servir le Seigneur. L’inquiétude «élargit l’âme» et la rend plus capable de recevoir l’amour de Dieu. «Chercher Dieu signifie rejeter la logique de la médiocrité et du minimum indispensable, mais au contraire de s’ouvrir pour découvrir les grands rêves de Dieu pour nous (…) Cela veut dire chercher la justice de Dieu et s’appliquer à ce que nos relations, les communautés, nos cités soient transformées par l’amour miséricordieux et juste de Dieu, qui écoute le cri des pauvres». Le Pape souligne enfin combien il est important de cultiver une liberté intérieure vis-à-vis des biens matériels. «Le diable entre toujours par les poches», suivent ensuite la vanité, l’orgueil et la supériorité.

> Source : Radio Vatican

> Photo : © ANSA