J’héberge des réfugiés chez moi

21/03/2018

Accueillir quelques mois un réfugié chez soi, au sein même de sa famille ? Pas évident. Mais l’expérience, bouleversante, se révèle souvent bénéfique pour tous. À condition de respecter quelques règles d’or pour éviter les tensions.

Mounir a sonné chez les Rossigneux avec pour seul bagage un gros sac de course. Dans une première vie, il tissait des tapis en Afghanistan. Mais la guerre civile est passée par là. Mounir a donc rejoint la France à pied, en bus et en train en passant par l’Iran, la Turquie et l’Europe de l’Est. Après des années d’errance, le voilà qui s’installe à Carrières-sur-Seine, en banlieue parisienne, dans une maison moderne aux grandes baies vitrées. Six semaines durant, il occupe le studio qui surplombe le porche d’entrée. Il noue une relation exceptionnelle avec sa famille d’accueil, au point de ne plus vouloir partir. Thierry et Agnès Rossigneux hésitent à le garder plus longtemps. Ils sont finalement convaincus que ces six semaines constituaient la durée idéale – au-delà de laquelle la dépendance et l’affection deviendraient trop fortes pour se dire au revoir.

« La grosse difficulté, c’est de ne pas trop s’attacher », confirme Agnès Rossigneux, qui reçoit des réfugiés depuis deux ans via le Service jésuite des réfugiés (JRS Welcome). « Nous faisons tout pour éviter le paternalisme et l’assistanat », ajoute la coordinatrice du réseau en Île-de-France, Marcela Villalobos Cid. L’association leur propose des hébergements dans différentes familles pendant neuf mois, à charge pour eux de se débrouiller ensuite. Le réseau JRS a beau être rattaché à l’église catholique, il n’est bien évidemment pas nécessaire d’être croyant pour y adhérer.

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